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2016
(à paraître) - Le témoignage dans Les Paysans de Florence Lazar : le seuil de l’adresse
par Nadia Fartas

2015
Image de la culture n° 29 (février 2015) - Fabrication de la ruine
entretien avec Florence Lazar, par Pascale Cassagnau

2014
Images de la culture n° 28 (mars 2014), pp. 26-30. - 2 ou 3 choses pour parler d’elle
par Sylvain Maestreggi

2013
Multitude n° 51 - Exp(l)oser le tempss
par Lucia Sargradini

2012
Libelle n° 15 - « Il n’est pas un témoignage de culture qui ne soit en même temps un témoignage de barbarie »
par Dean Inkster

2011
Multitudes #44 - Hybride, critique et sauvetage
Écrit en 2008, par Lucia Sagradini

2011
Images de la culture n° 26 (déc. 2011) - Paysage hors cadre : notes à propos du film
par Marie Brugerolle

2010
L’Art Même #47 - Le sentiment de l’histoire
par Pascale Cassagnau

2010
Rue Descartes, n° 67, Paris, PUF, - Micropolitiques de la visibilité : Florence Lazar
par Giovanna Zapperi

2009
le-beau-vice.blogspot.fr - Faire et défaire... Florence Lazar
par Elisabeth Leibovici

2003
par Pascal Beausse - Florence Lazar : lʼartiste comme journaliste

2001
- « J’ai vu la Gorgone et je ne suis pas mort »
par Marie de Brugerolle

Je me souviens qu’en juillet 1995, alors que l’on commémorait
la rafle du Vel’ d’Hiv, avaient lieu dans le même temps
les massacres de Srebrenica. Ce que l’on pensait à tout jamais révolu en Europe se répétait sous une autre apparence. Les événements, avais-je pensé à l’époque, ne sont pas à la hauteur de nos fantasmes politiques : nous ne sommes pas capables
de reconnaître ce qui se passe au présent.

Je me souviens aussi qu’en mai 1999, pendant la guerre au Kosovo, les journalistes occidentaux dépêchés sur le terrain, marqués par leur gestion de l’image de la guerre du Golfe et aussi par celle du scandale des faux charniers de Timisoara en Roumanie, s’adressaient aux réfugiés Kosovars au conditionnel, comme s’ils n’étaient qu’une apparence de la vérité.

Ces réflexions n’ont jamais cessé de m’habiter, et j’ai fait de ce territoire bouleversé, observatoire aigu de la construction des identités et des idéologies dans l’Europe post-communiste, un de mes territoires de travail depuis déjà quelques années.

J’ai réalisé des films en ex-Yougoslavie, en Serbie, au Monténégro et en Croatie, tous en rapport direct avec les événements qui se sont succédé dans le pays : la fin des guerres (1999), la chute de Milosevic (2000), la création d’une cour spéciale pour crime de guerre à Belgrade (2004). Souvent, ils prennent pour point de départ un fait de micro-histoire, un récit ou une rencontre inattendus qui permettent d’ouvrir une brèche dans des événements complexes et traumatiques. C’est le cas des récits recueillis dans Etoile rouge ou dans Les paysans. Ou bien à travers une discussion dans Les femmes en noir. Ou encore dans Prvi deo, une enquête marquée par l’impossibilité de restituer une narration linéaire du massacre d’Ovcara, en Croatie.

Selon moi, la guerre dont ont été victimes les territoires de l’Ex-Yougoslavie problématise les constructions idéologiques extrêmes qui se sont manifestées au sein de l’Europe tout au long du 20ème siècle. Il semble que l’Europe actuelle n’arrive pas à prendre la mesure de ces enjeux, à l’image des anciennes puissances coloniales européennes qui à la veille de la première guerre mondiale n’ont pas perçu les enjeux nationalistes à l’œuvre sur ce même territoire.